Alberto Santos-Dumont, le pionnier
Parmi les plus belles lettres et manuscrits au monde d’Alberto Santos-Dumont, révélant ses doutes et ses combats
Cette page présente un ensemble exceptionnel de lettres, manuscrits et photographies de Alberto Santos-Dumont, couvrant près de trente années parmi les plus fécondes de sa vie. Ces documents rares ou exceptionnels, révélant ses doutes intimes, ses combats personnels et son engagement constant, rappellent qu’aucun pionnier n’a, à lui seul, « inventé » l’aviation, mais que certains y ont contribué de manière décisive — et Santos-Dumont en fait incontestablement partie. Bien plus qu’un inventeur, il apparaît ici comme un homme d’une grande finesse intellectuelle et morale, animé par des valeurs fortes, profondément solitaire malgré la célébrité, et doté d’une personnalité d’une richesse peu commune dans l’histoire, encore insuffisamment reconnue, notamment au Brésil. Rassemblés patiemment pendant plus d’une décennie en Europe et au Brésil, ces documents constituent la plus importante et la plus belle collection au monde de manuscrits authentifiés et de photographies originales d´époque liés à Santos-Dumont actuellement disponible sur le marché. À l’heure où les regards se tournent vers Mars et où l’humanité s’apprête à fouler de nouveau le sol lunaire, ils rappellent avec force combien l’aviation — née il y a à peine cent vingt ans — continue de fasciner et d’émouvoir.








1. Entre 1898 et 1905, Alberto Santos-Dumont entame sa conquête des cieux avec des ballons et des dirigeables.
Alberto Santos-Dumont débute dès 1898 ses expérimentations avec des ballons et des dirigeables, avant d’acquérir une renommée mondiale grâce à ses modèles motorisés. Entre 1898 et 1905, il construit et pilote plusieurs dirigeables, dont le célèbre n° 6 avec lequel il remporte en 1901 le prix Deutsch de la Meurthe après un vol historique autour de la tour Eiffel. Les photographies d’époque documentent ces exploits et montrent des scènes rares de préparation et de vol, révélant les avancées techniques et la maîtrise progressive du dirigeable. Elles témoignent de la transition décisive entre ballons traditionnels et navigation aérienne contrôlée, fondement des futurs avions plus lourds que l’air.

2. En 1901, Santos-Dumont remet sa récompense du prix Deutsch aux pauvres de Paris ainsi qu’aux hommes qui l’ont aidé.
Lettre signée par Alberto Santos-Dumont, adressée au président de l’Aéro-Club de Paris et datée d’octobre 1901, à Paris, dans le contexte des débats entourant le Prêmio Deutsch. Rédigée en français, cette page révèle la position morale de l’aviateur, qui y affirme n’avoir jamais souhaité percevoir personnellement la récompense et annonce son intention d’en attribuer le montant, pour moitié aux pauvres de Paris et pour moitié aux hommes qui l’ont soutenu dans ses essais aéronautiques. Il rappelle également avoir déjà cédé les intérêts du prix pour la fondation d’une nouvelle distinction et exprime l’espoir que la Commission d’aérostation revoie son vote afin de lui permettre de concourir dans l’intérêt de ces bénéficiaires. Document rare et fortement symbolique, cette lettre illustre à la fois la générosité de Santos-Dumont et les tensions institutionnelles qui ont marqué l’un des épisodes fondateurs de l’aviation moderne.


3. Alberto Santos-Dumont pilote son dirigeable numéro 7 lors du prix Deutsch.
Cette archive réunit deux grandes photographies originales et inédites de Alberto Santos-Dumont, montées recto verso sur un support rigide par le photographe, prises à Paris au Parc des Coteaux de Longchamp en 1904, lors des essais de départ du dirigeable n° 7 pour le Prix Deutsch. De grand format (29 × 23 cm) et accompagnées de légendes manuscrites en français, ces images témoignent d’un épisode aussi ambitieux que tragique de l’histoire de l’aviation : conçu pour concourir lors de l’Exposition universelle, le dirigeable fut saboté avant de pouvoir voler, un mystère jamais élucidé. En bon état de conservation et constituant une pièce unique, ces photographies incarnent la résilience et l’audace de Santos-Dumont, rappelant que la génialité naît moins du succès immédiat que de la persévérance face à l’échec.
4. "Santos survole la parade militaire du 14 juillet 1904.
Carte postale photographique d’époque montrant Alberto Santos-Dumont en vol au-dessus du défilé du 14 juillet 1904, annotée de quelques mots manuscrits par Louis Bereau à l’attention d’Albert Tissandier. Ce document rare témoigne de l’effervescence aéronautique parisienne du début du XXᵉ siècle et de l’admiration profonde que la France portait à Santos-Dumont, figure étrangère devenue centrale dans l’imaginaire national. Pièce à la fois intime et emblématique, elle illustre le lien fort et réciproque entre l’aviateur brésilien et la France, terre d’accueil et de reconnaissance de ses audaces.



5. À Paris, en 1905 ou 1906, Alberto Santos-Dumont invite des amis à assister à une course automobile de Mercedes.
Cette lettre manuscrite d’Alberto Santos-Dumont, rédigée en français à Paris un mercredi sans date précise, invite un ami à se rendre chez lui afin d’assister à une course de Mercedes 120 HP, automobiles parmi les plus puissantes et admirées des années 1905-1906. À travers quelques lignes simples mais vivantes, le document révèle l’intérêt marqué de Santos-Dumont et de son cercle pour les progrès mécaniques et moteurs, alors étroitement liés aux débuts de l’aviation. Probablement écrite au sommet de la vie sociale et inventive de l’aviateur, peu avant ses vols historiques de 1906, cette lettre témoigne de l’effervescence technique de la Belle Époque parisienne, de l’enthousiasme d’un pionnier curieux de toutes les innovations, et se distingue par des détails rares : une précision horaire singulière, un papier à en-tête inhabituel et une large signature expressive.




6. En 1905, Alberto Santos-Dumont poursuivit son esprit d’innovation avec son « Mixte », un dirigeable audacieux.
Réalisées en 1905 par Rol & Cia et Photofer, ces quatre photographies originales documentent le Mixte, l’un des projets les plus ambitieux de Alberto Santos-Dumont. Doté de deux hélices latérales et de deux moteurs, ce prototype visionnaire cherchait à améliorer la stabilité et la maniabilité, tout en explorant une voie nouvelle entre dirigeable et aéroplane. Mais ce qui frappe surtout, c’est le regard déterminé de Santos-Dumont, sa fierté calme au milieu des mécaniciens : l’assurance d’un homme conscient d’ouvrir un chemin encore incertain. Peu documentées, ces images exceptionnelles saisissent une phase de transition décisive, où l’ingénieur repousse les limites du vol avec méthode, courage et conviction.






7. Le 12 novembre 1906, Alberto Santos-Dumont prépare et réalise avec succès son vol historique à bord du 14-Bis.
Le 12 novembre 1906, à Paris, Alberto Santos-Dumont réalise avec succès le vol historique du 14-Bis, premier avion plus lourd que l’air à effectuer un décollage, un vol et un atterrissage autonomes, publics et officiellement reconnus en Europe. Cet ensemble comprend cinq photographies originales d’époque et une carte postale ancienne du 14-Bis, prises par Rol & Cia, Dayz et Raffaele, au format d’environ 12 × 17 cm, annotées en français au verso et conservées dans un état remarquable. Témoins directs de la démonstration décisive au champ de Bagatelle, devant les juges de l’Aéro-Club de France et une foule nombreuse, ces images exceptionnelles documentent non seulement le vol du 12 novembre 1906, mais aussi les préparatifs et l’atmosphère de l’époque, incarnant la naissance officielle de l’aviation moderne en Europe.



8. Entre 1904 et 1907, Alberto Santos-Dumont devient une célébrité.
Réalisées entre 1904 et 1907 par le photographe Branger, ces trois photographies originales saisissent Alberto Santos-Dumont au sommet de sa notoriété. La première le montre traversant une foule d’admirateurs après une démonstration aérienne, probablement à Bagatelle, figure centrale et sereine au milieu de curieux, de cyclistes et de militaires. La seconde le présente à cheval, en tenue d’équitation, image saisissante d’élégance et de maîtrise. La troisième, plus intime, le montre posant devant une toile rayée, dans un décor évoquant les coulisses d’un hangar ou d’une exposition technique. Ensemble, ces clichés rares dessinent le portrait d’un homme à la fois pionnier, mondain et ingénieur moderne, une icône de la modernité admirée bien au-delà de ses exploits techniques.






9. En 1907, Alberto Santos-Dumont améliore le 14-Bis en développant un autre biplan, le numéro 15.
Ensemble de six photographies originales montrant le biplan n°15 conçu par Alberto Santos-Dumont en 1907, après le 14-Bis. Les images documentent la structure de cet ambitieux prototype — ailes très étroites et allongées, moteur Antoinette monté en hauteur, train d’atterrissage à roue unique — ainsi que ses essais au sol en France. Parfaitement conservés et annotés en français au verso, ces clichés témoignent d’une étape expérimentale majeure dans la recherche aéronautique de Santos-Dumont, bien que l’appareil n’ait jamais réussi à voler.










10. En 1907, Alberto Santos-Dumont développe, sans succès, le numéro 18, précurseur de l’hydravion.
En 1907, Alberto Santos-Dumont met au point le n° 18, un appareil expérimental considéré comme un précurseur de l’hydravion, bien que le projet n’ait jamais abouti à un vol réussi. L’ensemble comprend 19 photographies originales d’époque et une carte postale ancienne (France, 1907), réalisées par Dazy, Coceira, Branger, Rol & Cia, de formats variés, avec des annotations manuscrites en français au verso et dans un état de conservation parfait. Les images documentent les essais du n° 18 sur la Seine à Neuilly : un appareil extrêmement novateur pour son temps, conçu pour décoller et atterir sur l’eau, doté d’une structure légère, d’un flotteur central profilé, de trois hélices disposées en étoile, d’un moteur Antoinette V8 et de commandes inspirées du monde nautique. Elles montrent à la fois les tests, l’attention du public et de la presse, ainsi que l’accident final de l’appareil, illustrant les difficultés rencontrées par Santos-Dumont, mais aussi sa détermination, sa créativité et son esprit pionnier, annonçant les principes des futurs hydravions fonctionnels.

11. En 1907, des personnalités - et un chien - assistent aux expérimentations d’Alberto Santos-Dumont à bord d’un prototype d´hydravion.
Le 23 octobre 1907, sur la Seine, près de Paris, une photographie de l’agence Rol immortalise un groupe de personnalités élégantes observant les essais de l’hydroplane nº 18 de Alberto Santos-Dumont. Le brésilien n’apparaît pas dans l’image, mais tous les regards convergent vers lui, soulignant sa présence invisible au cœur de la scène. Réunissant notamment Léon Delagrange, Henri Kapferer et l’archiduc Salvator Léopold d’Autriche, cette photographie emblématique, largement diffusée à l’époque, saisit un moment clé de l’aviation naissante. Au premier plan, détail aussi inattendu que touchant, un chien surgit au moment précis du déclenchement, témoin fortuit d’un instant où l’histoire est en train de s’écrire.
12. Santos-Dumont et la Demoiselle, depuis le Grand Hôtel à Deauville, vers 1910
Cette carte postale phoographique représente la Demoiselle et porte une dédicace autographe d’Alberto Santos-Dumont adressée à un correspondant parisien. Le message, rédigé en français, évoque la gestion de télégrammes urgents au Grand Hôtel de Deauville, reflétant l’intense activité et la notoriété de l’aviateur. Datée vers 1909–1910, la pièce associe une iconographie emblématique à l’écriture manuscrite de Santos-Dumont et témoigne de sa vie itinérante au sommet de sa carrière.


13. Deux inventeurs de génie se rencontrent et signent une brochure pour un admirateur.
Notice technique de la Gyro Motor Company, signée par Alberto Santos-Dumont et Emile Berliner, probablement offerte à un admirateur lors d’une rencontre à Washington en 1913. Inventeur germano-américain majeur, Berliner est notamment le créateur du gramophone et un pionnier de l’enregistrement sonore, mais aussi un acteur important de l’aviation naissante, fondateur de la Gyro Motor Company et concepteur de moteurs d’avions innovants. Ce document unique associe deux figures emblématiques de l’ingénierie moderne et témoigne des échanges intellectuels à l’origine des progrès techniques du début du XXᵉ siècle.
14. Durant les « années folles », Alberto Santos-Dumont et des artistes parisiens dédicacent le carnet d´un industriel brésilien.
Ce carnet réunit, entre 1910 et 1916, douze dédicaces manuscrites de personnalités de la vie artistique parisienne des Années folles, ainsi qu’une page signée par Alberto Santos-Dumont. Certaines pages comportent des dessins ou caricatures réalisés de la main de leurs auteurs. L’ouvrage a appartenu à un proche de l’entourage de la famille Matarazzo, grande dynastie industrielle de São Paulo. La dédicace de Santos-Dumont, datée de Rio de Janeiro le 29 mai 1916 et rédigée en portugais, inscrit ce document dans l’histoire croisée des milieux artistiques et scientifiques du début du XXᵉ siècle.

15. En 1916, Santos-Dumont signe un autographe "au sommet" de la tour Eiffel.
Cette pièce évoque le prix Deutsch, moment décisif dans la carrière d’Alberto Santos-Dumont, institué en 1900 par l’industriel français Henri Deutsch de la Meurthe pour récompenser un vol en dirigeable entre Saint-Cloud et la Torre Eiffel en moins de trente minutes. Le 19 octobre 1901, Santos-Dumont releva avec succès ce défi à bord de son dirigeable n° 6, accédant à une renommée internationale et marquant une avancée majeure dans l’histoire de l’aviation plus légère que l’air. Le prix, doté de 100 000 francs et intégralement reversé par l’aviateur aux pauvres de Paris, symbolise autant l’exploit technique que la générosité de son auteur. L’autographe présenté ici, découvert en Angleterre, sur une photographie iconique publiée par Flying Magazine, se distingue par la qualité de la signature, la force évocatrice de l’image et l’état de conservation exceptionnel de l’ensemble.


16. En 1922, Santos-Dumont offre deux photographies à un ami.
Cette lettre de Alberto Santos-Dumont, écrite depuis le Claridge Hotel, informe un ami de la mise à disposition de deux photographies laissées sur son bureau, accessibles sur présentation du courrier à la direction de l’hôtel. Mentionnant la présence d’un portrait du Cardinal Mercier, figure majeure de la résistance belge durant la Première Guerre mondiale, le document offre un aperçu intime de l’entourage et des références du pionnier de l’aviation à une période marquée par des difficultés de santé et une profonde inquiétude face à l’usage militaire de ses inventions. Simple et empreinte de générosité, cette lettre constitue un témoignage personnel précieux du Santos-Dumont de l’après-guerre.

17. En 1926, en Suisse, Santos-Dumont donne de ses nouvelles à son ami Tissandier et à son filleul.
Dans cette lettre manuscrite adressée par Alberto Santos-Dumont à son ami Gaston Tissandier, l’aviateur, alors en Suisse, donne de ses nouvelles, évoque ses déplacements récents à Megève et son possible séjour à Saint-Moritz, tout en exprimant avec humour son irritation face à la transformation d’un lieu familier en « BAR ». Le courrier témoigne de la relation étroite et affectueuse entre les deux hommes, ainsi que de l’attachement particulier de Santos-Dumont à son filleul, mentionné à travers l’envoi d’un cadeau. Par son ton intime, le partage de sentiments personnels et la remarquable calligraphie à l’encre noire, cette lettre offre un éclairage sensible sur la vie privée et les émotions d’une figure majeure de l’histoire de l’aviation.

18. « (…) au sujet de ma lettre adressée à la Société des Nations demandant l’abolition de l’aviation en tant qu’instrument de destruction. »
Cette lettre manuscrite, adressée en 1926 à Júlio de Mesquita, directeur du Estado de São Paulo, a été rédigée depuis la clinique de repos de Val-Mont, en Suisse, où l’aviateur séjournait alors, affaibli par une santé déclinante. Témoignage intime et politique à la fois, elle évoque son état physique, les hommages auxquels il ne peut plus assister, et surtout son profond désarroi face à l’usage militaire de l’aviation. Santos-Dumont y mentionne son appel à la Société des Nations pour l’abolition de l’aviation comme instrument de destruction, rappelant avec gravité que les pionniers du vol rêvaient d’un progrès pacifique et non d’armes nouvelles. Pièce unique d’une grande force morale, cette lettre éclaire la conscience tourmentée d’un inventeur confronté aux dérives tragiques de son œuvre, dans un contexte historique dont l’actualité demeure saisissante.

19. « Je n’ai que 54 ans, mais j’ai l’impression d’avoir trop travaillé et d’être comme un homme de 70 ans, tant tout me fatigue. »
Cette lettre, adressée à son ami Tissandier et écrite depuis le Park Hotel de Gstaad le 8 janvier 1927, témoigne avec une rare intimité de l’état physique et moral d’Alberto Santos-Dumont à la fin de sa vie. Âgé de 54 ans, l’aviateur y confie un profond épuisement, se disant prématurément vieilli, sans énergie pour des activités autrefois familières, et incertain quant à son avenir. Éloigné des grandes villes, qu’il craint désormais de ne plus pouvoir supporter, il évoque la possibilité d’un retour à la clinique de Val-Mont, où il est soigné. Ce document émouvant éclaire le désarroi d’un pionnier confronté au déclin de sa santé, à la fin de l’ère héroïque de l’aviation et au poids des désillusions, offrant un regard poignant sur la fragilité humaine d’un génie et immense travailleur.
20. En 1927, alors qu’il est interné en Suisse, Alberto Santos-Dumont continue de s’intéresser aux autres pionniers de l’aviation et de les soutenir.
Cette lettre adressée à Alberto Santos-Dumont à son ami Tissandier, datée du 17 février 1927 et rédigée depuis la clinique de Valmont, offre un témoignage intime de la fin de vie du pionnier de l’aviation. Retiré pour raisons de santé, Santos-Dumont évoque avec simplicité son quotidien, ses amitiés et un loisir inattendu — l’art de la reliure — tout en manifestant un intérêt toujours vif pour l’actualité aéronautique. Il y mentionne notamment l’exploit en cours de l’aviateur italien Francesco de Pinedo, soulignant ainsi son admiration persistante pour les grandes traversées aériennes. Ce document conjugue dimension personnelle et regard éclairé sur les progrès de l’aviation, illustrant la lucidité et la passion intacte de Santos-Dumont à la fin de sa vie.

21. « Je ne veux en aucune manière exploiter mon nom ni permettre qu’on l’exploite. »
Rédigée en Espagne le 7 novembre 1927, cette lettre d’Alberto Santos-Dumont à Albert Tissandier témoigne de la notoriété internationale de l’aviateur à la fin de sa vie et de son profond attachement à l’éthique personnelle. Sollicité à la fois par Georges Besançon et par un ministre du gouvernement brésilien pour l’autorisation d’usage de son nom, Santos-Dumont accepte avec honneur de l’accorder à Pierre-Georges Latécoère, tout en affirmant son refus de toute exploitation commerciale de sa renommée. Écrite depuis son retrait espagnol, cette correspondance éclaire son état d’esprit marqué par la discrétion, la générosité et le respect dont il jouissait auprès des grands acteurs français et internationaux des débuts de l’aviation.


22. Quelques temps avant son retour définitif au Brésil.
Daté du 19 novembre 1927, cet enveloppe manuscrit adressé à Paul Tissandier, rédigé en français par Alberto Santos-Dumont depuis la Suisse, témoigne d’un lien intime entre deux pionniers de l’aviation. Sans la lettre qu’il contenait, l’objet conserve une force singulière : quelques lignes d’une écriture encore élégante, tracées à une période où Santos-Dumont, affaibli, approche de ses derniers séjours européens avant son retour définitif au Brésil. Les légères traces de pluie, probablement dues à l’acheminement postal, ajoutent une dimension profondément humaine à cette pièce unique, discrète mais chargée d’émotion.


23. En 1928, Santos-Dumont écrit depuis la France à propos de la tragédie de Santos et livre une vision critique du progrès au Brésil.
Lettre manuscrite d’Alberto Santos-Dumont, datée du 13 mars 1928 et adressée à son ami Guilherme, rédigée depuis la France. Dans ce courrier intime, l’inventeur évoque à la fois des préoccupations personnelles — la maladie d’un proche, le climat rigoureux en Europe, un prochain départ pour Biarritz — et l’actualité dramatique du Brésil, en faisant allusion aux « accidents de Santos », référence directe à la catastrophe du Monte Serrat survenue quelques jours plus tôt. Par une formule teintée d’ironie, il exprime une vision critique du progrès et de la transformation brutale des paysages urbains brésiliens. Le document témoigne de l’attention constante de Santos-Dumont portée à son pays natal malgré l’exil, ainsi que de la liberté de ton et de la proximité qui caractérisaient sa correspondance privée.

24. En 1928, à Biarritz, Santos-Dumont écrit l’une de ses plus belles lettres sur l’aviation.
Datée de Biarritz le 11 août 1928, cette lettre de Alberto Santos-Dumont propose un témoignage rare et profondément émouvant de ses dernières années de création. Installé à « La Casucha », l’ingénieur retrouve un enthousiasme intact pour la mécanique : il y évoque ses recherches sur des moteurs expérimentaux, un dispositif pour skis et même un projet d’aile battante, laissant transparaître une curiosité inventive toujours vive. Cette lettre manuscrite révèle un Santos-Dumont au travail, animé par le désir de « surprendre l’aviation », loin de l’image d’un inventeur retiré ou désabusé. La phrase « Quem sabe se não vamos surpreender a aviação! » (« Qui sait si nous n’allons pas surprendre l’aviation ! ») résume à elle seule l’élan, la poésie et l’audace qui font de cette lettre l’une des plus belles connues de l’aviateur, et une pièce majeure de l’histoire aéronautique.
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